Il n’y a pas de position assise parfaite! My Ashtanga Yoga Weekend with Kino in Paris!

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Je ne sais pas si je dois être short ou si je dois me laisser aller à quelques divagations… au point où nous en sommes, et si un blog a une volonté d’être une sorte de carnet personnel (aussi) et bien allons-y pour le journal ou le carnet de mon weekend d’Ashtanga avec Kino MacGregor à Paris!

Cela fait quelques mois que je la suis sur les réseaux sociaux, son instagram est un source intarissable d’inspiration et de motivation quand je n’ai plus d’énergie. Son canal youtube est truffé de testimoniaux, elle est même sur periscope mais là j’arrête (enfin j’essaye, je viens de m’enfiler 4 de ses vidéos presque live), ces réseaux sociaux me tuent mon temps libre…

Au delà de ses performances physiques, j’ai tout de suite bien accroché avec son style et son énergie. Sa jeunesse, son sourire et en même temps sa grande expérience. J’aime lire de temps en temps (pas tout le temps j’avoue que parfois c’est un peu too much) ses longs post sur Instagram et ses partages qui me font aussi réfléchir et aller plus loin dans la philosophie du Yoga.

(Parenthèse) Ma yoga sista m’a branché sur un post en particulier qui m’a aidé dans une période où j’étais « injured – bléssée » (comme on dit). Mais  ça fait partie du chemin du yoga, car il faut pratiquer autrement et accepter ses blessures. En plus une blessure est souvent causée par notre envie d’aller trop loin. Son post m’a aidé à traverser cette période de laquelle je sors à peine, même si ça va déjà beaucoup mieux. Avec ma yogi sista, Shirley, nous avons eue une longue discussion sur ce sujet, mais j’en ferai un post à part… (fin de la parenthèse).

Bref, revenons à Kino, quand j’ai vu qu’elle venait à Paris, j’en ai tout de suite parlé à mon mari (nouvellement acro au yoga! ça aussi j’en ferai un post) qui n’a pas hésité (ce qui n’arrive jamais quand il s’agit de partir en voyage!) et nous voici donc lui et moi à Paris pour le weekend de Kino!

Le stage a été organisé par Ashtanga Paris, il se donnait dans la zoooooooone de chez zone à Barbès, nous voilà dans le métro avec nos petits tapis de yoga et mon yoga strap mala grigridoudou (de ma collection personnelle), ça faisait bien tâche!

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Une fois sur place, nous étions comme coupé du monde et du temps, l’arrière-cour d’un bâtiment semi-industriel, abrite un beau local ni trop grand ni trop petit, assez rudimentaire où nous nous sommes collés tapis contre tapis. Vous voyez sur la photo que je n’exagère pas 😉IMG_7337

Le premier soir, nous avons pratiqué les salutations au soleil, assez librement, au son de la voix de Kino, et rien que ça c’était déjà un bonheur. La profondeur de sa voix, les vibrations longues sur chaque compte, c’était divin… (à part ses changements de rythme qui nous faisaient tous rire… mais qui perso me perturbaient un peu, car c’était un peu plus difficile de rentrer dans un flow méditatif). Je disais donc qu’on a commencé par une succession de salutations au soleil A et B. Ca avait l’air assez relax, mais non, elle a directement placé la barre très haute, et nous a décortiqué les salutations. Les plus simples mouvement d’ouverture des bras, sont devenus des « tortures » pour muscler le dos et ouvrir les omoplates. Après ses explications et quand on s’y est remis, c’était plus la même chose. D’ailleurs depuis, j’ai changé ma façon de faire mes salutations. L’importance du premier son, du premier compte, Ekam! la première respiration de la série, le ton est donné, elle nous a transporté dans son enseignement, changeant à jamais la façon dont je démarre mes séries… être sur son tapis est important, mais c’est aussi la façon d’y être sur ce tapis, quelle présence donner à son corps, à la série, au travail physique et spirituel qu’on réalise à travers cette discipline. Recommencer chaque jour avec un regard toujours nouveau cette série qu’on connait par coeur. Et c’est pourtant déjà ce que je ressentais, mais là elle nous en fait prendre réellement conscience…IMG_7350

Ce weekend a été très dur pour moi, tant physiquement qu’émotionnellement et spirituellement. A tous les niveaux j’ai traversé un moment que je savais très important sur mon chemin.

J’étais dans mon état de « butterfly » un papillon, c’est ce que je suis (ou j’étais), et dans la pratique de l’ashtanga ou du yoga, je ne m’étais pas vraiment encore fixée sur un enseignement dans ce monde. Autour de moi ce ne sont pas des papillons qui m’entourent mais des disciplinés! Je prenais conscience que c’est ce qui m’attire dans cette pratique… C’est devenu clair, c’est ce chemin que je choisis pour arriver à un niveau plus thérapeutique, et ma blessure faisait aussi partie de cette étape. Chaque mouvement était comme tout nouveau, comme si je le faisais pour la première fois, mon corps était déjà blessé et en plus je devais pratiquer « différemment » comme on dit dans le yoga (ne pas s’arrêter de pratiquer mais pratiquer différemment, avec et autour de la blessure) et avec acceptation de mon état et de mes limites. Limites qui tout à coup n’avaient plus rien à voir avec ce que je connaissais depuis des années. Mettre mon ego à la porte, encore plus (ouhhhh ça c’est dur… d’ailleurs même après des années, je n’y arrive pas toujours), et découvrir pour la enième fois la série faites des centaines de fois, avec un regard tout à fait nouveau.

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La chaleur de l’été et de Paris était étouffante, ce weekend-là il a fait jusque 38°, le chauffeur de taxi me l’a fait fièrement remarqué… Dans le studio, l’énergie dégagée par les corps et la pratique intense faisait encore plus monter la température.

Le samedi, on a commencé la première série avec ce regard neuf, ma première respiration du matin, l’ouverture, EKAM pour les initiés, a été une nouvelle étape. Une conscience exacte de ce que je ressentais, une présence nouvelle. Et c’était parti…

L’après-midi a été consacrée à revoir des positions centrées sur l’ouverture des hanches, mais surtout à parler du ‘economous mind’ (surtout dans ces positions plus douloureuses que les autres) et de pourquoi certaines personnes se blessent plus que d’autres en yoga. C’était passionnant car elle mettait des mots sur des choses que je ressentais depuis longtemps sans les nommer.

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Quand on pratique, la médiation, la respiration, la concentration, ça nous met dans un état d’observation, on sait que pendant 5 respirations en Ashtanga on doit rentrer de plus en plus profondément dans une position, en fait ce décompte nous permet d’atteindre la position avant de revenir à l’équilibre et de passer à l’autre partie du corps. Ce temps est parfois plus pénible, on regarde toujours l’inconfort d’une position, parfois on ressent une certaine douleur. Mais ce n’est pas pour autant qu’on en sort, on observe le corps s’y habituer ou faire avec.
C’est exactement ça ‘Equanimous mind’. Ne pas mettre de sentiment, d’anxiété ou de stress dans cette observation et savoir en sortir doucement et tranquillement. D’une certaine façon, j’aime assez cet état. Le mental est puissant mais vide, le corps est souple et confortablement installé mais en même temps actif et conscient. C’est cette distance avec son ressenti qui m’intéresse. Le statut de l’observateur de son ressenti. ‘Equanimity’ qui est un état de parfait équilibre, de stabilité et de concentration enraciné dans la non-pensée.

Pour Kino (et aussi mon Guruji JC Garnier d’ailleurs), la blessure vient de cette perte de concentration, cette perte de ‘l’Equanimous mind’, sortir trop vite du ‘equanimous mind’ peut provoquer la blessure. C’est intéressant car cette théorie dédouane tout à fait le prof, c’est l’élève qui se blesse, c’est lui qui se laisse trainer trop loin ou mettre dans l’anxiété qui va tendre les tendons ou lui faire faire un faux mouvement pour sortir d’une position. On réagit à la douleur ou à l’inconfort avec anxiété, on veut vite sortir d’une position, avant même d’y entrer et d’observer, de voir les effets sur le corps et l’esprit. Il faut donc cultiver l’ ‘equanimous mind’…
Cette partie mérite à elle seule un article et j’y reviendrai car je suis en partie d’accord mais en partie seulement. Tout le monde n’est pas capable de s’observer avec bienveillance. Et là le rôle du professeur est essentiel.

Il est aussi incroyable de voir comme les gens souvent ne savent pas rester immobile, nous fait remarquer Kino. Et c’est tellement vrai, je le vis tous les lundis soir, je vais à un cours de yoga plus calme et plus méditatif, nous avons une très longue détente, même parfois un Nidra Yoga. On doit rester immobile pendant toute la détente guidée qui peut durer 30 min. Certaines personnes se battent avec leur mental pour y arriver… Quand on est actif, on rêve de se coucher, de rentrer dans une position restaurative comme Balasana (posture de l’enfant – child pose – posture du foetus) mais quand on y est, les gens se disent ‘please let me get up’. Rester dans un état et y être vraiment. Rien que ça c’est un challenge…

Il n’y a pas de position parfaite, il y a autant de position que de corps, à chacun de trouver son centre et son alignement…

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bon j’avoue c’est flou, mais je suis le collant fleuri, juste devant le corps tout de gris vêtu…. 😉

Le samedi soir, mon corps était très fatigué, je suis allé me coucher tôt, la fête à Paris ce sera pour un autre weekend! Le dimanche 10h du mat, rendez-vous pour avoir une intro à la 2ème série. Je pensais qu’on allait devoir faire toute la 2ème série! D’abord j’étais déjà inquiète pour mon mari, qui essayait d’en faire le moins possible (essayait car quand on est dans le flow c’est difficile de se retenir et quand le corps est chaud on sent moins la douleur) car il souffrait de son nerf sciatique, mais en plus je ne voyais pas comment mon corps allait me suivre dans cette série terriblement difficile pour moi. Heureusement elle nous a fait un ‘échauffement’ avec les salutations au soleil et puis on s’est attardé à quelques positions de la 2ème série. On a travaillé le renforcement des mains, bras, épaules, haut du dos pour les ‘handstands’ et puis l’ouverture du dos pour ‘Pincha Mayurasana’ (le dauphin) ou Dhanurasana (l’arc) ou l’impossible Kapotasana (pigeon).

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Dhanurasana avec Agathe Padovani créatrice/réalisatrice de « I film yoga »

Ce weekend a aussi été l’occasion de rencontrer Agathe Padovani. La fantastique photographe et film maker de Kino. C’est elle là dans les mains de Kino.  Suivez-là sur I film yoga instagram c’est elle qui fait tout ces films fantastique de Kino comme celui-ci par ex.

 

 

 

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Karandavasana – Baby Crow – baby bakasana

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Ushtrasana – Le chameau – avec variante des pieds pour habituer le corps petit à petit…

La fin de la journée approchait, mais le midi on était mort! on a fait une petite sièste 😉 et je peux vous dire que l’immobilité était totale!!!!!

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Impossible de lâcher cet article sans remercier mon mari qui me suit dans mes délires et qui depuis quelques mois se transforme en yogi! Ca aussi j’y reviendrai dans un autre post, mais quel bonheur de partager tout ça avec lui…

Namaste… et Merci Kino pour cette belle prise de conscience durant ce weekend à Paris. Et j’espère à une prochaine fois.
MagicKinoNamaste____Ekaaaaaammmmmmm_inhale!

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