MagicWakame? Tu bois? Toi? Mais non? Je rêve! Enfin c’est sûrement un vin « Naturale »…

Hier, j’ai eu le grand plaisir de pouvoir aller à une dégustation de vins naturels organisé par Karikol (le convivium belge représentant SlowFood dans notre contrée). Nos hôtes, Philippe et Baptiste, tenanciers du bistrot ‘Le Tournant’… dans le tournant de la chée de Wavre, nous ont reçus avec convivialité et passion pour nous parler de leur sujet de prédilection: le vin et plus précisément le vin naturel.

Personne pour m’accompagner, mes amis en shopping de Noël, mon homme au Portugal, motivée par l’envie de découvrir et de retrouver une nouvelle amie (qui au passage a quand même contribué à changer ma vie, puisque sans le savoir elle n’est autre qu’une des personnes précieuses qui m’ont boostée à faire mon blog) … je me rends au Tournant, pour boire des vins…bio et naturels à 17h, à jeûn! Tout va bien! Pleins de tapas de viande (je suis végétarienne depuis l’âge de pierre) et un tapas de fromage, je repère très vite le pain pour pouvoir tenir le coup!

Philippe, le grand,  et Baptiste, le plus petit, prévoient de nous faire goûter 4 vins naturels.Très convivial comme le veut l’endroit, ils expliquent pour la première fois en public leur passion du vin naturel. L’échantillon des vins naturels qu’ils ont choisi n’est pas du tout représentatif de tous les vins naturels mais plutôt des vins atypiques parmis les vins naturels.

C’est quoi d’abord des vins bio ou/et naturels?

Ils nous expliquent que le label bio existe mais n’est pas complet car il ne concerne que le raisin et pas le mode de récolte ou la vinification des vins et la mise en bouteille. Saviez-vous par ex. que  pour un vin bio ou non, il peut tout à fait contenir l’un des +/-250 produits chimiques autorisés pour corriger les « défauts » du vin. Des vignerons engagés sont donc allés plus loin en accord avec leurs convictions et font du vin naturel. Il n’y a pas de label naturel, d’où l’importance d’avoir des sources d’approvisionnement de confiance. Selon les vins il n’y a pas ou peu de sulfite. Des vins sans sulfite il n’y en a presque pas sur le marché  car certains vins souffrent trop et sont trop instables. Les vins naturels sont fragiles 😉

La démarche est de défendre le goût avec le minimum de sulfite possible. C’est ce vers quoi tendent les vins naturels. Souvent ce n’est que à la mise en bouteille quand c’est nécessaire qu’on trouvera un peu de sulfite dans le procéssus de fabrication. Un vin naturel est en dessous de 20 mg de SO2/l alors qu’un vin industriel tourne autours des 150 à 400 mg/l !!! Les migraines terribles, vous savez à quoi c’est dû maintenant…

Après le premier verre mes joues commençant à picoter… heureusement l’évier n’est pas loin et je vide déjà le fond de mon verre ballon. Un rosé de la Loire, Le Pink Fluide — ça ne s’invente pas! La preuve en image—– Non fitré, 5ème millésime, que du sulfite à la mise en bouteille.

 

Ensuite on enchaînera sur un Sylvaner Bruno Shuller  2007 (Vin d’Alsace). Bruno apparemment il a la particularité de ramasser ses raisins le plus tard possible 2-3 semaines après le lancement officiel des vendanges. Ce qui lui donne un raisin très mûr. Et je le goûte bien car ce vin est très sucré. Le goût est très surprenant, étonnant, et sort des habitudes et des références qu’on peut avoir en matière de Sylvaner! Tout cela je le sais de mon voisin qui est marchand de vin! Moi je n’y connais rien en vin…

Et entre temps mes joue sont passées au rouge tomate et je commence à avoir chaud. Pourtant, je continue de vider les fonds de verre dans le fameux évier…

Le 3ème vin est un Vin du patron (Vin de Loire). Léger, fruité et très suprenant aussi, souvent les gens sont même choqués nous disent nos 2 hôtes, il ouvre la perception du goût à quelque chose aussi d’inhabituel, en tant que vin de table. Filtré un tout petit peu en 2008, car en 2007 n’étant pas filtré il était trop instable et trop trouble pour une clientèle non-habituée. J’apprends aussi qu’une légère filtration renforce les arômes de fruits.

C’est marrant j’aurai cru le contraire. Comme quoi on n’est pas au bout de nos surprises.

J’ai découvert pleins de petits trucs sur les vins naturels:
* Un vin non filtré dégage une odeur très forte de terre etc. à l’ouverture de la bouteille, c’est presque une odeur désagréable.
*Les vins naturels peuvent présenter du gaz carbonique comme conservateur, il faut les carafer ou même ne pas hésiter à secouer la bouteille avant de les ouvrir pour enlever la présence de fines bulles parfois.
* Même si secouer la bouteille peut choquer, pour un vin naturel qui est souvent jeune, cela relance aussi les arômes.
* Les conditions de travail et le tri sélectif sévere des raisins expliquent que le prix des vins naturels soient plus élevés. Et c’est bien normal car la production est beaucoup moins importante.
* Saviez-vous que presque 60% des vendanges ne sont pas prises car ne passent pas la sélection de qualité pour un vin naturel?
* Les raisins idéalement sont récoltés à la mains dans des petites caissettes pour garder les grains intactes et qu’ils ne soient pas écrasés et donc qu’on ne doive pas mettre de sulfite pour éviter la fermentation à cette étape là déjà.
* Les levures  sont les levures naturelles contenues dans le raisin et rien d’autre. Elles ne sont pas exogènes.
* Il n’y a pas de sucre rajouté pour augmenter ou accélérer l’alcoolisation

Le vin naturel a aussi ses limites et il faut être indulgent avec la nature:
* Oxydation plus rapide due à l’absence de sulfite. Les vins naturels ne sont pas fait pour être gardés longtemps.
* Le vin blanc est plus fragile
* On assiste parfois à des reprises du procéssus de fermentation
* L’agriculture, les vendanges et la vinification sont à chaque fois des étapes qui présentent plus de risques pour le produit fini car sans addition de produits chimiques ou de conservants.
* Il y a des choix à faire pour pouvoir les garder 4-5 ans, soit un léger filtrage, soit une légère présence de sulfite à la mise en bouteille. Ne soyons pas extrémistes.
* Les vins naturels sont le fruit de la passion et du goût pour leur métier de ces vignerons, au de-là des modes et des tendances ‘marketing’.

L’après-midi avançant et les verres se succédant, je deviens moins timide et entâme la discussion avec les gens près de moi. Ah ça y a pas à dire, pour ma première dégustation de vin, c’est convivial, et je suis bien entourée. Clin d’oeil à Anne, José, Katrien 😉

On termine par « L’art des choix » un Vin d’Ardèche, millésimé de 2007 . Résultat de l’association de 2 vignerons, non filtré. Philippe et Baptiste, nous rappellent en passant qu’on peut vider nos verres ou cracher. Et que goûter n’est pas boire. Pour moi c’est trop tard, j’ai les joues en feu, mon bidou comme un ballon de foot, vu que je suis intolérante au lactose et que j’ai mangé des tapas de formages avec du pain.

J’ai quitté le bistrot toute guillerette et très contente d’être venue pour pouvoir  parler des vins naturels et encore mieux les apprécier. Je suis arrivée chez ma soeur quelques minutes après… Elle m’a regardée l’air affolée, la main sur la bouche – genre c’est très grave  ce que tu as!- je lui ai demandé quoi? Elle était sûre, vu la rougeur de ma peau que j’avais une allergie grave! J’ai mis 4 couches d’anti-cerne sur TOUT mon visage pour pouvoir être présentable!

😉

Quelques liens bien utiles pour vous informer sur le sujet et trouver tout ce que vous cherchez:
http://www.vin-bio-naturel.fr
http://www.vinsnaturels.fr/
http://www.lesvinsnaturels.org

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